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samedi, 29 septembre 2007

Prophéties

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Les prophéties sont les légendes du futur
Tant d'épopées, hier, ont tapissé nos murs
Mémoire gorgée d'exploits
Mille et mille noms gravés dans l'or du souvenir

L'esprit attend demain
vierge
et déjà, lui tisse des caparaçons rutilants
Visage d'anges
Messies
Voici l'avenir en robe pourpre
seigneur de nos espoirs
qui avance sous l'arche de l'aube
Dans l'ici des secondes
passent les promesses lancées hier
mots de désirs semés à tout vent
pour que germe, peut-être, ce rêve
Folie future en robe prophétique

LZ 

*Peinture de Gustave Moreau : Léda et le cygne, 1869.

jeudi, 27 septembre 2007

L'échappé

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Mots volatils, le poème s'échappe
il est gaz
il est souffle
Bulle-dentelle où vibrent, iridescents
les flots inconstants de l'esprit

Il suit ce que suit le regard
le regard suit son ruban de paroles
et tous deux plongent les rames trop dure de l'espérance
dans le flot inconstant de l'esprit

Si écrire est encore trop de fermeté
je ne ferai que boire le chant des rêves

Remous d'angoisse et récifs de peur
seront ces aventures sauvages dont on vêt les pirates
mais toujours le vent des mots
poussera vers demain l'esquif du vrai et du mensonge
sur le flot inconstant de l'esprit

LZ

mardi, 25 septembre 2007

Les âmes creuses

d6df537e5d29688f5cfee46d3b892656.jpgLes âmes creuses
fosses d'espoirs aux allures de folies
s'avancent
Toujours plus proches
elles posent sur mon épaule
leurs visages aux orbites vides

Sombres
(mais les parts secrètes de mon coeur ne sont-elles pas que nuit)
et creuses, elles boivent à la source même de mes soifs
rongent l'os de mes faims
épuisent on coeur

Vidée
mon âme cherche dans ton regard
un tunnel d'abandon

Vois-les maintenant !
Elles s'éloignent
chargées de nos défaites
Soeurs en allées repues
mais à jamais affamées

Suivrai-je jusqu'à l'incandescence
l'amour qui brûle sans consumer ?
Je te prends
et sur mon sein,
laisse se défaire le gouffre du désir

LZ

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Illustration : Edvard Munch, 1893

dimanche, 23 septembre 2007

The good shepherd

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ou Raison d’état, en français, de Robert de Niro.
 
On aurait pu traduire le titre par la « bonne cause », mais cela aurait eu un je ne sais quoi de franchouillard qui ne va pas avec le film.

Film noir, film écrasant de Robert de Niro donc, avec Matt Damon dans le rôle principal, où on éprouve toute la lourdeur de la suspicion institutionnalisée. Dans "Raison d’état" Robert de Niro retrace la création de la CIA en focalisant son attention sur un personnage, le jeune Edward Wilson. Celui-ci, fils de bonne famille, est enrôlé pendant la seconde guerre mondiale dans les services de renseignements américains. A son retour aux états unis, loin de reprendre sa vie ordinaire, il est pressenti pour participé à la mise en place d’un vaste réseau de protection des intérêts américains dans le monde et de lutte contre l’empire soviétique, la CIA.

Même si l’enjeu politique qui sous-tend la mise en œuvre d’une telle entité est rappelé quasiment à chaque séquence, ce film est l’étonnante histoire de la destruction consentie d’un homme. Wilson manifeste dans sa jeunesse une grande sensibilité. Sa compréhension du sens du devoir, non sans grandeur mais terriblement étriquée, l’amène à détruire progressivement toute vie en lui et à faire de l’existence des ses proches une nébuleuse de souffrances. Tout ce qui concourt aux bonheurs ordinaires est petit à petit banni de sa vie, ne laissant en place que des peurs sourdes, des mensonges inextricables, une angoisse globale jamais levée.

Ignorante, je ne sais si cette vision de la Cia concorde avec la réalité historique mais j’ai été saisie par le lent enfermement dans lequel elle plonge ses membres. Tout semble partir sur la base d’un non-sens, une paranoïa exacerbée par la naissance des deux grands blocs politiques. Quand le général à l’origine de tout cela (joué par Robert de Niro himself) émet un doute sur la validité de ce qu’il a crée, il est trop tard. Edward Wilson est enfermé à jamais par son "sens du devoir".

8a8e8d58f82b4c320f793fd2f6addf71.jpgIl se trouve que dans le mot "enfermement", il y a enfer. En arrière plan de ce film , j’avais en tête les images d’un autre film récent, bien plus noir encore, La chute, de Oliver Hirschbiegel, (2004), dans lequel on voit ce que cet enferment peut produire comme enfer à l’échelle d’un pays (le film retrace les derniers jours de Hitler dans son bunker à Berlin).
Deux sujets différents mais une thématique identique, celle de l’emprisonnement par l’esprit dans une idéologie qui conduit l’humain à sa perte. Robert de Niro reste sur le plan individuel, même si, à travers le destin d’Edward Wilson, il s’agit aussi de regarder la Cia et son bilan, et cela rapproche de nous cette problématique. Hitler est en effet trop monstrueux pour que nous fassions volontiers le rapprochement avec nous-mêmes, tandis que là, en regardant défiler le générique (sans le lire vraiment), je me disais que le héros aurait pu faire machine arrière. Il aurait suffi qu’à un moment donné, il prenne du recul, qu’il s’accorde le choix. Toute l’erreur vient de là, et nous la commettons souvent, même si les conséquences sont moins… lourdes : nous nous laissons convaincre qu’il n’y a plus de choix possible, qu’on a tout vu, tout compris et que les choses sont figées dans notre interprétation, sans autre voie possible. C’est comme si nous chaussions nous-même les œillères de notre asservissement.

vendredi, 21 septembre 2007

Quelqu'un souffre

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Quelqu'un souffre
C'est très près
C'est très lointain
J'entends sa peine
m'étouffe dans sa douleur

Quelqu'un
Tout près
Murmure dans mon cou
baiser de sa souffrance
et je pleure la beauté envolée du bonheur
et je peine à vivre enaveugle
avec pour guide
ce souffle brûlant dans mon cou

quelqu'un
tout près
qui souffre et désespère

LZ

 

*Rodin, détail de la porte des enfers 

jeudi, 20 septembre 2007

Au balcon de l'âge

 

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Des paysages sans fin s'ouvraient, offerts au regard
Vallées encaissées entre de formidables cimes
Mers grondantes et piquetées de navires
Savanes et steppes où ondulent d'insaisissables félins...

C'était avant d'être vieux
avant la vie
Tout semblait frais, possible
L'espoir soufflait partout son haleine piquante
et les peines elles-mêmes avaient cet air étrange
de ce qui attend un lendemain

Les années ne se comptent que pour faire semblant
En vérité, le temps est un mensonge
et ces vallées semées de promesses existent encore

Elles ont changé
Quelques pierres ont désormais la patine des vieilles choses familières
Certains sentiers ont été usés par les pas
Certains arbres sont morts, d'autres ont poussé
mais elles existent et
quand pointe l'aube, je me penche au balcon de l'âge
pour voir plus loin encore
à l'extrémité d'horizons dont j'ignorais tout
avant le temps
avant la vie

Dans ce geste, nulle retenue
Nulle sagesse
Seulement l'élan intact
L'envie de voir et d'aller voir
là-bas
l'inexploré
ni temps ni espace
ces contrées de songe dont on façonne les existence

LZ

mercredi, 19 septembre 2007

Hurlantes tempêtes...

Hurlante tempête dans les membrures d'un esprit12ba297c0505985cd5fa101b5a7cb581.jpg
trop vite enfui en des latitudes si basses
que tous les caps sont perdus
          Espérance
          Aventure
révolus dans les voltes de vent

Rugissantes, mugissantes
les tourmentent étendent le gris de leur bras
Étau de rage
venu circonscrire le plus sombre du coeur
et le fol
clandestin en radeau de peau
devient tambour dans les tombeaux des profondeurs
sur lequel résonnent les pleurs
des naufragés du songe

LZ

 

dimanche, 16 septembre 2007

Le fils de l'épicier

Je suis allée voir dans notre petit ciné de village un film tout à fait charmant de Eric Guirado avec Nicolas Cazalé et Clothilde Hesme, entre autres.
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Charmant, vraiment. L'histoire est celle d'un homme qui, à l'occasion de l'accident cardiaque de son père, revient dans sa province natale. Là, parce qu'il a voulu aider une amie, il reprend l'épicerie familiale à contre-coeur mais va petit à petit découvrir que sa vie a un sens au-delà de sa seule petite personne.

Tourné dans un décors très inspirant, le film conserve de bout en bout un ton très pudique et retenu. Pas de grand discours, pas de scènes d'action mais une galerie de personnages tous également bien joués qui révèlent lentement leur véritable nature, leurs joies, leurs souffrances et leur humour aussi.
Réconfortant, il n'y a pas à dire.
 
LZ 

samedi, 15 septembre 2007

Chevelures

 

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Boucles folles
mèches rebelles
larges coulures de cheveux en liesse
les chevelures cultivent l'incertain jusqu'à la séduction
et ploient
et glissent
mouvantes toujours
mais à jamais figées dans la danse du désir

Boucles et mèches dessinent un territoire
que j'arpente
prédateur hérissé de lames
à l'affût
j'écoute la ronde fébrile qui s'approche et s'éloigne
ce jeu constant
où ce qu'on veut est ce qui blesse

Au crépuscule des jours
quelles illusions taguent le ciel du sang de leurs révélations?
Mais quel silence, aussi, offre ombre et vérité
aux toiles de la solitude?

Boucles tombantes
mèches lascives
Un terrain d'automne aux parfums de décrépitude
se déploie

Rôdeur encore
Je hume les promesses du gel
jamais repu
J'aborde les portes du temps de la famine
et veille, sentinelle
sur la tourmente de farandoles sans avenir
dans l'attente d'une aube dont les saveurs restent à inventer

                                   LZ 

vendredi, 14 septembre 2007

Tentation des multitudes

 

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Terrible peur que celle de la solitude
Les larme qu'elle nous tire
si lourdes, si denses
qu'au sol elles sculptent des cratères de souffrance

Terrible peur qu'on affronte en tremblant
jusqu'à l'inévitable seuil où
seul à seul avec quoi
on franchit la porte des jardins du néant

Seul
Etrange destin du solitaire
proie rêvée des mille peurs
et qui, pourtant,
sans gloire ni défaite
demeure en l'entre-deux de lui-même
incertain d'être
quand dansent autour
la tentation des multitudes

                           LZ

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