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samedi, 06 octobre 2007

Emily Dickinson

088ffae1f08c5a0187df732dbd67ea9a.jpgJe me suis offert il y a quelques semaines maintenant, les oeuvres complètes d'Emily Dickinson. J'avais entendu parler d'elle mais n'avais jamais lu que de courts extraits, une phrase ici ou là. Les commentaires sont toujours élogieux, on la présente comme l'un des plus grands poètes américains de son époque. Bigre ! me disais-je, il me faut la connaître !

Ma première surprise a été la taille du bouquin ! 750 pages environ, bien tassées. Cette dame était donc prolixe. La seconde surprise a été la poésie elle-même. Il y a dans son écriture quelque chose d'impulsif et de violent, qui m'a surprise, même en ne comprenant qu'à moitié les textes (car je l'avoue, pour elle, j'ai ressorti mon vieux Oxford concise, et ce n'est pas du luxe !). Pourquoi ? M'étais-je imaginée qu'une femme de la fin du 19ème siècle allait écrire des jolis poèmes sur les oiseaux et la couleur des fleurs ?… hé bien, oui, encore un aveu. Est-on bourré de clichés, n'est-on pas ?

Heureusement E. Dickinson est tout sauf un cliché. Elle a un humour trempé au vitriol et de l'énergie à revendre. Ses textes méritent amplement la réputation qu'on leur a fait. Après plusieurs semaines d'immersion dans son oeuvre, je vous en propose trois, de l'année 1862, particulièrement féconde et tourmentée à la fois. A ces textes, je joins une tentative de traduction qui ne vaut vraiment pas tripette mais qui vous évitera au moins le recours au dictionnaire. Une fois les mots compris, restez en anglais, c'est la seule langue dans laquelle on puisse lire cette éminente poétesse.
 


There is a languor of the life
More imminent than pain –
'Tis pain's successor – when the soul
Has suffered all it can –

A drowsiness – diffuses –
A dimness like a fog
Envelops consciousness –
As mists –obliterate a crag. (…)
 
Traduction :
 
Il est une langueur de la vie
Plus imminente* que la peine
Héritière de la peine quand l'âme
A souffert tout ce qu'elle peut

Une somnolence se répand
Une opacité semblable au brouillard
Enveloppe la conscience
Comme les embruns érodent un récif (…)
 
 * l'édition de mon bouquin précise qu'il a été assez difficile de choisir les versions des textes présentés car ED n'a jamais été publiée de sa vie. Sur ce imminent, je me demande s'il ne s'agirait plutôt "d'immanente". Il me semble que cela collerait mieux au sens du texte. Mais en l'absence de tout document... je m'en tiens à imminent, of course !
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'Twas love – not me –
Oh punish – pray –
The Real one died for Thee –
Just him –not me –

Such guilt – to love Thee – most !
Doom it beyond the rest -
Forgive it –last –
'Twas a base as Jesus –most !

Let justice not mistake –
We two –looked so alike –
Which was the guilt sake –
'twas love's –now strike !

Traduction :
 
C'était l'amour – pas moi –
Oh punition – prière –
Le Véritable [amour] est mort pour Toi
Juste lui – pas moi –

Une telle faute – de T'aimer – le plus grand !
Condamne cela en plus du reste
Puis pardonne-le finalement
C'était un fondement, comme Jésus – le meilleur !

Que la justice ne se trompe pas
Nous deux- nous paraissions si semblables –
Ce qui était la gloire de cette faute –
C'était de l'amour – désormais brisé !
 

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When diamonds are a legend,
And diadems – a tale –
I brooch and earrings for myself,
Do sow, and raise for sale –

And tho' I'm scarce accounted
My art, a summer day – had Patrons –
Once – it was a queen –
And Once – a butterfly –

 

Traduction :
 
 Quand les diamants sont une légende
Et les diadèmes un conte
Moi, Broche et boucles d'oreilles pour moi-même
Je fais la truie et me dresse, en vente

Et bien que je sois trop peu considérée
Mon art, un jour d'été, a trouvé des protecteurs
Une fois, c'était une reine
Et une autre, un papillon.

Commentaires

Je viens de chez Miss Bille et j'ai lu votre répose pour les rochers :) Merci du renseignement, je ne connais dés lors pas les Rochers Suchard et ce sont bien les Ferrero que je n'aime pas. Mais je vais m'empresser de goûter aux autre :)

Cordialement
Marie

Ecrit par : Marie | dimanche, 07 octobre 2007

ergo, la poésie mène à tout, même aux rochers Suchard

Ecrit par : melle Bille | mardi, 09 octobre 2007

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