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vendredi, 22 février 2008
La ville broie les solitudes...
La ville broie les solitudes
les fait mentir
J'ai vu les foules solitaires
si lourdement ensemble
Dans les rues
Sous la terre
ballottés de trottoirs en caveaux
par des marées fébriles
tous, hommes et femmes
mentaient leur solitude
à grands coups d'appareils et de soliloques
C'est ma ville
Là où hier je pouvais être seule
où j'ai appris la rareté d'être ensemble
Ma ville est nid de solitudes
mensonge
Des fantômes la sillonnent en tout sens
et la fardent d'un clinquant de bazar
Perdue dans le bruit insidieux
dans les conversations échouées dans mes pas
j'avance
Partout des poupées de misère rejouent le grand Mystère de l'abandon
sur les tréteaux bancals de l'invisible
Solitude bradée à l'étal des marchands de bruits
Solitudes si noires dans la ville où je fus
Solitudes du silence
de l'oubli
18:40 Publié dans Poésie au fil des jours | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note





Commentaires
Bonjour, je viens de découvrir votre blog, grâce à Posuto, et j'aime bien ce poème, de même que j'ai beaucoup apprécié les commentaires que vous avez écrits au billet d'RV sur la croyance.
Ecrit par : Alain L. | samedi, 23 février 2008
Moi aussi, je vous découvre de la même façon et j'ai beaucoup aimé votre poème. (Ce qui est rare car j'ai souvent du mal avec ce qu'on appelle "poésie").
Ecrit par : serriere | samedi, 23 février 2008
Ce texte est splendide !
Ecrit par : obni | samedi, 23 février 2008
Leila, si un jour tu veux voir comment est la solitude à la campagne, tu es la bienvenue par chez moi.
Ici, la solitude ne ment pas, point de foule, point de leurre.
Mais avec toi même tu n'es jamais seule.
On se relève de tous les oublis, de tous les silences, j'ai réussi à le faire.
Ecrit par : laouen | samedi, 23 février 2008
Alain, Chantal : bienvenue ici. Moi aussi je suis allée faire un petit tour chez vous. j'y retournerai !
Obni, je rougis, je rosis, je pourpris, je grenadine...
Laouen : J'ai écrit ce texte à Paris pendant les fêtes de Noël, en me gelant les fesses sur l'une des vieilles tombes du père Lachaise. Je ne m'y sentais pas seule. En revanche, j'ai été frappée par l'atmosphère de solitude qui imprégnait la ville. Cela se téléscopait avec mon souvenir. J'y ai grandit, j'y ai été jeune, et j'ai éprouvé à la fois la richesse de la ville et ses difficultés, entre bandes, familles et solitude naturelle (inhérente à la vie, disons), nécessaire aussi.
Ce que je voyais autour de moi en décembre dernier n'était pas du même ordre. J'ai été frappée par la misère des clochards, leur souffrance, mais aussi par celle des gens "avec logis", toujours pendus à leur téléphones ou scotché à un sonotone musical intra auriculaire.
J'ai traversé des foules ou personne n'était ensemble, et ou chacun, seul, écoutait sa musique ou parlait au téléphone, parfois avec une simple oreillette wifi, car la technologie permet cela.
au final, il y avait peu de gens "honnêtement" seuls, à certains endroits.
Ceci dit, je ne dis pas que je ne te prendrai pas au mot un de ces jours. Histoire de voir si la solitude sur les bords de l'Oust est différente de celle des bords de la Leyre ;-)
Ecrit par : leila | samedi, 23 février 2008
Ben dis donc y'a du monde ici. J'aime beaucoup le poème et le(s) tableau(x) aussi. Bises
Ecrit par : martin-Lothar | samedi, 23 février 2008
Coucou...
Je débarque ce matin! Je ne me doutais pas de l'écho que tu avais écrit ici avant même que je ne t'envoie le son!
Bonne rencontre avec toi sur les plages océanes, même pas d'inquiétudes à avoir pour les croc en us!
LOL
Ecrit par : JT | dimanche, 24 février 2008
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