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lundi, 31 mars 2008

Chemins de traverse

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Chemins de traverse
Parfois je m’y trouve

Devant
le cheminement des mots
chevauchée de vie crue
et là, très près
un sentier  

J'y fais un pas léger
saveur sobre d'une langue familière 

Printemps d'une forêt à l'autre
les mots glissent, faciles

Je consens au détour 
Oh oui 

Un mot  m'appelle
Un mot et je dérive
loin des sillons qui blessent 

Autre voie, traversière
où je me fourvoie sans souffrir
Mais jamais
jamais sans péril

LZ

*Renoir : La cueillette des fleurs, 1876 

samedi, 29 mars 2008

Père envolé...

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Père envolé
cendres au vent
L'écoulement confus du temps
tisse des habits rêches pour le fils 

La mère porte le voile et doute
et tous perdent le fil de l'âge
dans l'aigu inachevé

Pères enfuis
bercez entre vos mains les pleurs de ceux qui se souviennent !
Le vent ténu des cœurs attise la peine
et c’est morsure de cri d'amour

Dans la folie
dans le courage
se dissout l'innocence
Dans l‘amer des regrets fondent les lendemains

Je verse sur la blessure du fils
le baume des mille et une langues du réconfort

LZ

*Champ de blé au corbeaux, Vincent Van Gogh. 

jeudi, 27 mars 2008

Nostalgie inconnue...

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Nostalgie inconnue
Langueur du corps
qui pulse jusqu’au regard  
Je suis ivre d'une tristesse singulière  

Ni lieu ni terre ni pays

Je veux avec douleur cette chose
qui se refuse
L’esprit happe des pensées
puis les délaisse
livré à un néant
qui le défait

Devant moi, une voie vers l'introuvable

Espoir et peur claudication fragile
et sans cesse
au plus rouge de ma poitrine
cogne le flot silencieux
d'un chagrin dont la raison s'est perdue

LZ

*Arcachon. Collection personnelle.

lundi, 24 mars 2008

Barbara Kingsolver

L'arbre aux haricots et Six cochons au paradis
Traduction de Martine Becquié
Editions Rivage, mai 97

339182134.jpgJ’ai déjà parlé ici de Barbara Kingsolver, auteur américaine que j’aime énormément. Je viens de lire la seconde partie du diptyque dont Taylor Greer est l’héroïne. Dans ces deux romans, B. Kingsolver décrit une Amérique loin des gadgets à plus de mille dollars de chez Apple, sans téléphone portable, une Amérique pauvre et vivante, aux prises avec le réel que fabriquent, justement, les marchands de rêves. Deux romans ayant une continuité, bien entendu, mais très différents dans leur thématique et leur facture.

Le premier raconte comment, désireuse de fuir le destin ordinaire des filles du Kentucky, Taylor se retrouve finalement responsable d’une petite fille Cherokee dans une ville totalement inconnue. Rencontres et amitiés lui permettent de surmonter les difficultés matérielles et on voit se construire progressivement une philosophie de vie donnant à chaque élément une place, une valeur. L’immigration des « latinos », la nécessité du travail, l’exploitation qui en est faite, la solidarité, etc. Toutes ces choses croisent la route de Taylor qui répond aux sollicitations avec un humour et un dynamisme très attachant. Elle n’est pas la battante à l’américaine, elle n’est pas la self made woman qu’on peut montrer dans les shows. Elle ne construit pas une réussite sociale cherche à être, simplement, et l’accord avec soi-même est à l’évidence la seule chose qui compte pour elle.

693611398.jpgDans six cochons au paradis, on retrouve Taylor et la petite Turtle adoptée à la fin du premier opus mais cette fois, Taylor fuit une jeune juriste Cherokee venue lui rappeler que Turtle, parce qu’elle est Cherokee, est liée à sa tribu d’origine et ne peut être adoptée comme elle l’a été. Des lois posent un cadre pour protéger son identité indienne. Taylor ne voit alors qu’une chose : la vie déjà terriblement mouvementée de  « sa » petite fille va être encore une fois bouleversée et son amour maternel ne le supporte pas.

Dans sa fuite, elle bouscule tout : l’amour qu’elle a fini par trouvé auprès de Jay, la relative sécurité matérielle qu’elle a réussi à stabiliser grâce à son travail et grâce à Jay lui-même. Tout est remis en question par sa panique au point qu’elle se retrouve dans la plus extrême précarité, au bord d’un tel gouffre qu’elle est en vient à reconsidérer ce qui la motive. Son amour protecteur n’est pas la seule chose à prendre en compte et lentement, Taylor, aidée de sa mère (déjà présente mais de manière à peine esquissée, dans l’arbre aux haricots) va trouver une voie médiane entre son propre attachement et les intérêts et besoins des autres.

A travers tout une galerie de portraits et d’histoires enchevêtrées, Barbara Kingsolver fait connaître la spécificité de la culture Cherokee et défend comme dans ses autres livres sa vision à la fois complexe et généreuse de l’humain. Je crois qu’elle répartit les règles qui régissent les choses en deux groupes : les règles individuelles, celles que nous nous forgeons et dont le premier tome décrit l’élaboration pour le personnage de Taylor, et celles qui préexistent, dont nous devons nous arranger, auxquelles Taylor se confronte dans le second tome. Pour trouver un équilibre entre ces deux pôles, il faut avant tout comprendre, semble dire B. Kingsolver. Comprendre ce que nous sommes, ce qui nous anime et nous pousse à agir mais aussi comprendre la raison sociale de nos liens, leur mode de fonctionnement et leur fonction.

Reste la question du choix du cadre. La Nation Cherokee est sans doute un exemple de règle sociale dont la logique n’est pas soumise à l’argent. Société installée dans les Etats-Unis, c’est une sorte d’univers non capitaliste au cœur du géant. C’est une autre logique sociale. Peut-être pas un idéal, mais un monde à dimension humaine et surtout à dessein humain, où la nécessité collective peut prendre en compte celle de l’individu, ses désirs et ses peines.

Deux très beaux romans donc, qui donnent à réfléchir et dont l’écriture, toujours entre humour et tension, est un véritable régal.
LZ 

dimanche, 23 mars 2008

Parole de chat

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La crêpelure de ses cheveux m’électrise
Son cou...
dessin courbe où se pose la fraîcheur de mon nez
et ce frisson qui résonne sur mon flanc
redresse mes sens

Ses mains caressent autrement le papier
et ma robe
Sous la lampe
je m’étends
Voluptueuses pages vierges
où ses yeux rôdent avant sa plume

Quelle faiblesse sous son immense peignoir !
Mais quelle inépuisable réserve de tendresse aussi
quand, dans le bruissement des oies sauvages,
s’installent ses épaules dans le sommeil
Ô ces flancs tièdes !

Son souffle frôle ma nuque
et si frémit mon oreille agacée
c’est en écho au décors des draps froissés
et nous rêvons ensembles aux jours qui nous échappent

LZ

*La chatte, de Marc Chagall. C'était un soir de printemps, il m'avait demandé la permission de faire mon portrait... j'avais cédé. 

vendredi, 21 mars 2008

Femme-Origine

Il faisait froid en Angleterre.
Oxford est toujours riche de ses 40 collèges et de sa fameuse Bodleian Library,
Big Ben sonne toujours à l'heure.
Maintenant que vous êtes tous rassurés par ces bonnes nouvelles,
me revoici avec un petit texte écrit dans le Vaucluse il y a déjà quelques années.

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Je vois une femme

Peau rouge terre
elle est largeur
Plaine étendue d'ocre
ses jambes, ses bras racontent des paysages

Dans la brûlure du ciel
femme-colline
elle est poussière
et boue
rivière aussi
et puis forêt
un joyau de nature

De mon regard, j'embrasse sa ligne
tendue, étendue
Mon regard capte l'attente
sa soif
l'urgence

Je vois une femme
peau rouge terre
paysage, elle m'épouse
dans le bain ocre de ses baisers

Je la vois
De ses couleurs nues elle m'invente
me lègue puissance
passion de sang
passion de vie

Je la goûte
femme-origine née d'entre les terres rouges de ma mémoire

LZ

Poème publié dans le recueil L'envers du silence, 2003, ed. de l'Ours Blanc, Paris.

A l'origine je m'étais fendue d'une petite aquarelle allant avec ce texte. Malheureusement (à moins qu'au contraire cela ne soit fort heureux !), je ne dispose pas d'un scanner. Je laisse donc à Modigliani le soin d'illustrer mieux que moi ces mots écrits près de Rustrel, en Provence.

dimanche, 16 mars 2008

Outre-Manche

Je m'absente une petite semaine pour accompagner un troupeau de moufflets en Angleterre.

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Je serai donc dans une île, mais plus loin de la mer qu'ici...

N'ayant pas eu le temps d'anticiper quelques notes que j'aurais pu "antéposter" (hum, ça ne doit pas être tout à fait orthodoxe comme expression), je vous invite donc à aller faire un petit tour dans les archives, si le coeur vous en dit, bien entendu.

A Vendredi prochain.

LZ 

Océan solitude...

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Océan solitude
Là réside le geste
une vague en lisière de regard

J’en saisis la rumeur
Humeur de mer
Je suis son rêve
Entre sentiers de sel et houle amère 

L'océan est terre liquide
plateau de haute solitude
au large

 La main épouse l'horizon
rond sur fond gris
Dans l'eau j'inscris le sillon de mon index
et l’efface dans le même geste

 Je prends le vent
don des courants
chauds
froids
L'appel des Sud à une saveur de sable
Ailleurs, c'est houle de songe

Quel bain lavera mon cœur ?
J'attends la lame
qui brisera l'écho du passé
J'attends parmi d'éphémère sculptures de vent 

L'océan à la mesure du ciel
absoudra-t-il les désespoirs ?
En des bas-fonds de peines
je baigne les âmes
et l'écume effiloche le temps
en fils de lumière

 LZ

*Peinture de William Turner. 

jeudi, 13 mars 2008

La question du lieu

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Dans les livres de latin de mon adolescence, le lieu était une question. Lancé à travers le temps par des auteurs dont j'ignorais tout, "où" se posait d'emblée comme une forme d'impossible rendez-vous.

Il y avait la question du lieu où l'on reste. Ubi? Puis celle du lieu où l'on va. Quo ? Puis celle du lieu d'où l'on vient. Unde ? De petites notes traitaient avec rapidité des lieux qu'on traverse, de celui vers lequel on se dirige sans toutefois l'atteindre, celui qu'on évite mais où l'on passe malgré tout… Le lieu portait syntaxiquement la marque de l'intention du voyageur, Marcus, Tullia, moi.

Le lieu était une question et je rêvais longuement, cheminement en pensée à travers les repères imaginaires de la grammaire.

Mais où reste-t-on ? Où est le lieu, cet endroit que l'on nomme chez soi ? Ce lieu où l'on dépose ses braises, où l'on revient toujours car là est le foyer, cœur brûlant et doux de l'existence.

Je suis nomade. Le lieu est le temps de l'errance. Partout, là, autour de moi. Mais ainsi, c'est aussi nulle part. Que je m'asseye, des flammes s'élèvent dans le regard et je voyage, à mi-chemin entre présent de la géographie connue et éternité des distances possibles, jamais parcourues.

Où reste-t-on ? Au plus secret de soi ? Le lieu reste l'interrogation furtive, l'insaisissable. Traversée de tant d'endroits visités, habités, aimés, je ne me tiens nulle part ou peut-être dans l'illusoire d'un lieu jamais mien. "Chez moi" n'est qu'une route encore et dans mes sacs couvent des charbons couleur d'agrume. Partout brûle le feu mais nul âtre ne le peut contenir.

Je vais chez toi. Par où cela passe-t-il ? Question. Je vais chez toi et je demeure sur la route sinueuse qui nous retient dans sa chaleur, presque un mirage. Ailleurs, c'est la nuit. Dans les yeux d'un félin, une étincelle heurte ma course. Lieu de croisement.

Passer.

Passer le carrefour des chemins qui se mêlent un instant. Mais s'arrêter et lire dans des yeux d'émeraude les divagations des tempêtes... C'est tentant.

Je m'approche d'un lieu où tu te tiens et lui, félin des pleines lunes, s'esquive. Je vais chez toi, là où tu résides. M'attends-tu ? Question. Question adressée au silence, doucement.

Je m'installe dans la douceur des tissus, du bois ouvragé. Des bras sont proches. Suis-je vraiment entrée ? Mes yeux courent encore sur les talus aux arômes d'humus et je ne sais plus si le sel qui relève mon sourire vient de tes lèvres ou du vent fou de l'Ouest.

Où suis-je quand je suis chez toi ? Où reste ce cœur qui sillonne les exils? As-tu déjà approché tes mains près de ses flammes?

Aucune question ne conduit à la résidence de mes songes. Aucune question n'épuise la phrase, son cheminement. Aucune question ne rejoint le foyer aux pierres d'ambre où je me réchauffe, mêlée et rassemblée à la fois, et d'où l'exil prend son essor pour n'arriver jamais ailleurs qu'en terre de langage.

LZ 

mercredi, 12 mars 2008

Harper Lee : Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

Traduction : Isabelle Stoïanov (2005), aux éditions Fallois
LGF, le livre de poche n° 30617

2022931708.jpg Il ne s'agit pas d'une nouveauté, on ne peut pas dire… publié pour la première fois en 1957, ce livre unique de Harper Lee a fait le tour du monde après avoir été un succès de librairie aux zussas et y avoir reçu le prix Pullitzer. Pourtant, il n'est pas si connu en France. A l'occasion de sa retraduction (excellente) et de sa réédition en poche, je l'ai relu avec un égal bonheur qu'il y a … quelques années.

Années 30. La récession. Scout et Jem vivent avec leur père dans une ville du Sud, en Alabama. Scout est la narratrice, elle a 8 ans au début du récit, 11 à la fin. Atticus, son père, est avocat. Il ne se passe rien ou presque dans à Maycomb, copie presque conforme de Monroeville, en Alabama également où Nell Harper Lee a passé une partie de son enfance. C’est pourtant là, au milieu de faits insignifiants en apparence que Scout, narratrice innocente mais non pas stupide, nous fait redécouvrir une certaine saveur de la vie, son intensité transfigurée par les grands mystères auxquelles les enfants accrochent leur train : Le voisin Boo (alias Arthur Bradley) est-il une sorte de Zombie mort vivant ? Calpurnia la gouvernante a-t-elle une double vie, entre chez eux et le quartier nègre ? Tout est passionnant, tout est foisonnant pour la fillette bagarreuse qui découvre et raconte.

L'enfance va pourtant inexorablement se rapprocher de l'âge de raison le jour où Atticus est commis d'office pour défendre un homme accusé de viol. Particularité de ce procès : l'homme est noir, il n'a aucune chance de convaincre de son innocence un jury composé de blancs. Pourtant Atticus aura à cœur de tout mettre en œuvre pour son client, expliquant à ses enfants que "si l'homme doit certes vivre parmi ses congénères, il doit avant tout vivre avec lui-même, et que par conséquent [il] défendra son client de manière à rester en accord avec sa conscience".

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Pour Scout et Jem, qui ne mettent pas en doute une seconde le bien fondé de la décision de leur père, c'est l'occasion de regarder autrement ceux qui les entourent, leur façon d'être, l'ordre social dans lequel tout semble figé. Remarquablement écrit, avec une fausse candeur souvent très drôle qui permet d'aller au cœur des questions, Nell Harper Lee dépeint en réalité à travers ce récit, dont le procès est sans aucun doute la clef de voûte, la façon dont s'élabore la conscience du monde. En suivant le questionnement de Scout, on mesure combien les réponses qu'apportent les adultes sont essentielles, combien l'exemple de ceux qu’on aime à de poids.

Si Atticus avait opté pour une réponse facile, s'il avait considéré son client comme un nègre sans importance et non comme un être humain à part entière, Scout et Jem seraient autres. Si leur voisine leur avait interdit son jardin, si Calpurnia et les siens les avaient rejetés parce que blancs, ils seraient devenus d'autres adultes. Le livre ne nous les montre pas si âgés mais on le sent, c'est en filigrane dans le texte.

635778797.jpg Harper Lee a de l'admiration pour Atticus (personnage inspiré par son propre père) mais c'est une admiration d'adulte, de femme qui sait l'importance de l'engagement. Dans son livre, elle aborde ce point presque sans y toucher, laissant la part belle à toute une évocation de ce qu'est l'enfance, de cette fragilité en devenir, de la manière dont petit à petit se construisent les murs de l'édifice adulte. C'est d'ailleurs ce qu'évoque le titre : l'oiseau moqueur dont il est question est une sorte de petit merle qui connaît une incroyable variété de chants et qui semble parfois lancer un cri moqueur. 1334578292.jpgTo kill a mocking-bird is a sin. "Tuer l’oiseau moqueur est un péché" explique Atticus, car il ne chante que pour le plaisir de nos oreilles, il ne nous nuit pas. Scout voit bien que cet oiseau n'est pas un ange, qu'il arrache des vers à la terre et les déchiquette à coup de bec mais ce qu'elle ne peut voir et qu'elle nous livre pourtant à travers la narration que lui confie l'auteur, c'est qu'elle-même est comme l'oiseau : elle possède la grâce de l'enfance aux multiples possibles.

Deux voix en une, la femme qui sait et l'enfant qui pressent, deux pays en un, celui des blancs celui des noirs, un même destin, humain, toujours humain, le tout avec une réelle légèreté qui a fait de la relecture de ce roman un moment  de pur bonheur.

LZ

Photo 1 : couverture du livre (photo extraite de la Dorothea Lange collection, Oakland (Californie)
Photo 2 : Le Palais de justice de Monroevill (Alabama) e dont  s'est inspiré Harper lee, aujourd'hui transformé en musée.
Photo 3 : Le fameux oiseau moqueur
Photo 4 : Nell Harper Lee aujourd'hui (+ de 80 ans)

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