mardi, 29 avril 2008
Finir le temps

Finir le temps
attentes mises au rebut
échecs voilés de papier bulle
Finir puis s’étendre
sous le vent
son ciel vagabond
souffle aux effluves d’ailleurs
Poser ici
sur le friable de l’instant
toutes les pensées en bataille
parties livrer combat
et que je ne saurais partager
LZ
21:11 Publié dans Poésie au fil des jours | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : poésie
samedi, 26 avril 2008
Romance

Est-ce le moment ?
sommes-nous à cet instant où deux routes se croisent ?
Cet instant où tes pas vont où je vais ?
Où le temps lui-même conspire
à rapprocher les lointains ?
Ta silhouette s’installe autour de mon âme
ou ce qui y ressemble
et l’indifférence cède lentement
J’ai vu croître l’envie de cueillir
Attendre devient étroit
un enclos de "peut-être"
Nous voici donc à l’heure du choix
Mensonge ?
Sans croire aux promesses
vienne cette envie
Marchons vers les douloureux rivages la soif
puisque nous sommes cela :
si peu libres que le désir nous écrase
Ombres mêlées, je lis tes yeux
le rire
la peur
Faisons cela
Car plus loin veillent d’autres embuscades
pour nos cœurs si fragiles
LZ
Photo de Robert Doisneau : la dernière valse du bal du 14 juillet
19:40 Publié dans Poésie au fil des jours | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
mercredi, 23 avril 2008
Nouvel album
Vous pouvez regarder un nouvel album à droite, ci-contre.
Comme pour les précédents, on peut le voir en diaporama, mais dans ce cas, on masque le texte accompagnant chaque photo. En faisant défiler manuellement les images, on peut à la fois lire le texte et l'image.
Au choix !
Bonne lecture.
LZ
14:23 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 22 avril 2008
Tracy Chevalier
La jeune fille à la perle , tous deux en Folio, chez Gallimard

Je viens de finir la dame à la Licorne, de Tracy chevalier et force est de reconnaître que cette auteur sait magnifiquement bien s’y prendre pour restituer l’ambiance d’époques révolues. Entre érudition et imaginaire, elle fait revivre dans ce roman un moyen âge déjà au seuil de la Renaissance et, le temps de la lecture, je m’y suis vue, j’y ai vécu.
L’histoire est simple : à partir des célèbres tapisseries, elle a imaginé quelle avait pu être l’histoire de leur fabrication. Des théories existent à ce sujet et elle dit très clairement s’en être servi. On sait par exemple avec certitude que la famille Le Viste était commanditaire de l’œuvre mais pourquoi ? Dans quelles conditions ? Bien des mystères demeurent, laissant le champ libre à l’imagination.
Elle a donc campé un personnage de peintre, Nicolas, don Juan avant la lettre qui engrosse les femmes sans se poser de questions jusqu’au jour où il tombe sous le charme de la très jeune fille de son commanditaire : le noble Jean le Viste. Comme une habile mise en abyme, le peintre, qui profitait jusque là sans soucis ni scrupules des opportunités que lui laisse un monde où dominent les hommes, se retrouve dans la position du sujet sans liberté, soumis au bon vouloir de son seigneur ou, plus précisément, de son épouse.
C’est le prétexte initial pour brosser avec finesse un tableau saisissant d’une société où les sentiments sont de peu de valeur en regard des besoins d’alliance ou de survie. Très habilement, Tracy chevalier fait le portrait de gens finalement bien peu différents de nous quand à leurs émotions ou leurs désirs mais pris dans un autre carcan, avec d’autres codes. Contraint d’aller à Bruxelles pour superviser la réalisation des fameuses tapisseries, Nicolas découvre au delà de ses préjugés l’univers des artisans. Là, dans un milieu où les contraintes sont particulièrement fortes, il va mesurer la valeur du sentiment amoureux et trouver en lui une capacité de compassion, une douceur qu’on ne lui prêterait pas, du moins au début du roman.
Peut-être n’est ce pas de la très grande littérature. C’est ce qu’on m’a dit un jour. C’est cependant un roman très bien écrit, qui se lit avec plaisir (n’est-ce pas là l’essentiel ?) et dont se dégage un charme bien réel qui retient le lecteur jusqu’à la fin. Dans la même veine, Cet auteur a également écrit « la jeune fille à la perle », où, selon le même principe, elle imagine la genèse du tableau éponyme de Vermeer. Là encore, c’est très réussi. On en a d’ailleurs tiré un excellent film où
Scarlett Johansson faisait merveille dans le rôle de la jeune domestique fascinée par Vermeer et fascinant celui-ci en retour. Je préfère le livre, plus riche en détails, plus psychologique aussi, où la personnalité de la jeune Griet, son regard acéré, à la fois naïf et lucide (oui, c’est sans doute paradoxal mais que voulez vous, elle a la fraîcheur de la jeunesse et la lucidité de la pauvreté) ressort davantage. Dans le film en revanche, c’était un festival de couleurs et de lumières et on retrouvait avec un bonheur sans égal l’atmosphère des tableaux de Vermeer.
LZ
23:12 Publié dans Au fil des lectures | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : tracy chevalier
samedi, 19 avril 2008
L'insomnie est ce qui reste
L’insomnie est ce qui reste
socle dur ou s’érode l’âme
Nuit !
Fissure où file l’eau porcelaine
y plonge la brûlure des cauchemars
Ailleurs fleurissent les îles du sommeil
Cabotage aux frontières corail
Entre mort et lumière
Je songe à des sambouks
dont les voiles s’emplissent du chant des vents
fleurs d’eau sur la peau fragile des mers
mais ici
ne flottent que des poussières de guerre
tout contre le giron de l’effroi
LZ
Peinture de Clive Barker, peintre-auteur-réalisateur- producteur-de-films-et-de-jeux-vidéos d'origine anglaise et vivant aujourd'hui à Los angeles dont je reparlerai ici bientôt, il me faut d'abord finir son livre"Galilée" ...
17:51 Publié dans Poésie au fil des jours | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
vendredi, 18 avril 2008
Aimé Césaire
Aimé césaire est mort, nul ne l'ignore.
En entendant cette nouvelle, je repensais au Cahier d'un retour au pays natal dont le texte m'avait tant éblouie lorsque je l'avais découvert, à peine éclose de ma coquille d'études littéraires.
Plutôt que de faire un long discours (les éloges funèbres ont donné de belles pages du temps de Fénelon et Bossuet mais je ne suis ni l'un ni l'autre), j'aimerais vous faire partager quelques lignes de ce poète reconnu à juste titre. Elles n'ont pas pris une ride, elles sont sans âge. Lisez, c'est de la Poésie.
(...)
Partir. Mon cœur bruissait de générosités emphatiques. Partir… J’arriverais lisse et jeune dans ce pays mien et je dirais à ce pays dont le limon entre dans la composition de ma chair : « -J’ai longtemps erré et je reviens vers la hideur désertée de vos plaies ».
Je viendrais à ce pays mien et je lui dirai : « -embrassez-moi sans crainte…. et si je ne sais que parler, c’est pour vous que je parlerai ».
Et je lui dirais encore :
« Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s’affaissent au cachot du désespoir. »
Et venant je me dirais à moi-même :
« Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l’attitude stérile du spectateur, car la vie n’est pas un spectacle, car une mer de douleurs n’est pas un proscenium, car un homme qui crie n’est pas un ours qui danse… »
Et voici que je suis venu !
De nouveau, cette vie clopinante devant moi, non pas cette vie, cette mort, cette mort sans sens ni piété, cette mort où la grandeur piteusement échoue, l’éclatante petitesse de cette mort, cette mort qui clopine de petitesses en petitesses ; ces pelletées de petites avidités sur le conquistador ; ces pelletées de petits larbins sur le grand sauvage, ces pelletées de petites âmes sur le Caraïbe aux trois âmes,
et toutes ces morts futiles
absurdités sous l’éclaboussement de ma conscience ouverte
tragiques futilités éclairées de cette seule noctiluque et moi seul, brusque scène de ce petit matin
où fait le beau l’apocalypse des monstres puis, chavirée, se taitchaude élection de cendres, de ruines et d’affaissements
(...)
Aimé Césaire
Cahier d'un retour au pays natal
édition Présence Africaine, p.22-23
21:06 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : aimé césaire
dimanche, 13 avril 2008
Si j'étais de ce monde...

Si j'étais de ce monde
je saurais les souffles espiègles
je croirais à la lente charge du doute
toute saveur mêlée me parlerait d'ici
Si j'étais née de cette seule poussière
si j'avais été dans ces eaux
nourrie de ce sel
mes yeux épouseraient les horizons
et mon sourire aurait le bleu des océans
Si j'étais ce à quoi je ressemble
je n'aurais pas ces courbatures d'exil
ces lassitudes
Mes pieds iraient vers la mort
et j'éprouverais la soif des extrêmes
Si j'étais de ce monde
il me faudrait un nom
une vérité
je n'ai trouvé ni l'un ni l'autre
Il n'y a que ces corps effrités que nul ne nomme
grevés d'oublis
ces voix sans terre ni bannière
LZ
09:51 Publié dans Poésie au fil des jours | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : poésie
vendredi, 11 avril 2008
Les enfants perdus...

Les enfants perdus
mi –éléphants mi- hérissons
maraudent dans les contes
Failles dans l’être
ils ont fui de longue date
soupirs et larmes des mères
Arpenteurs en terres blessées
héros en d’autres îles
leurs arcs tirent d’infaillibles larmes
et leurs vies sèment des guerres de chaque instant
dans le sommeil des mères interrompues
LZ
17:43 Publié dans Poésie au fil des jours | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : poésie
mardi, 08 avril 2008
Quand il ne reste rien...

Quand il ne reste rien
quand on a éloigné les peines et les rires
quand on a remisé au cellier de la mémoire les deuils et les pensées
tout cela en lentes compromissions achevées
quand il ne reste rien
hormis la nudité de soi
le nu de l’être
alors on voit
lumière
la souffrance même
racine et fleur
On voit la route sombre de l’existence
ses méandres éclairés de vrai
où chaque pas prélève sa dîme au songe
Quand on a ôté ce qui blesse
reste la déchirure
première
racine et fleur
qui jamais ne guérit d’être
LZ
18:11 Publié dans Poésie au fil des jours | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : poésie
dimanche, 06 avril 2008
De jour, de nuit...

De jour
de nuit
une voix aux accents mélancolique appelle
Je lui prête un visage
un corps
et tour à tour désir et peur m’entraînent
Silence !
J’écoute dans mes veines
la course de la folie
LZ
La Valse, de Camille Claudel
20:31 Publié dans Poésie au fil des jours | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : poésie



