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mercredi, 28 mai 2008
Matin en ce monde

Incertitude
vis d'Archimède en colonne vertébrale
L'œil vacille sur l'absurde
Aube de vie
Tant de voies
et si peu
Choisir :
Première mort
L'irrémédiable ôte son masque
met ses colifichets de terreur
pour entamer la danse des faux pas
et tranche
Matin en ce monde
Brume et soleil jouent aux baisers et aux larmes
L'incertain vêt nos corps
de sa parure de temps
Les heures
mes cavalières
ont noué à nos mains leurs doigts de squelette
LZ
Alberto Giacometti : l'homme qui marche sous la pluie
13:53 Publié dans Poésie au fil des jours | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : poésie
samedi, 24 mai 2008
Tableaux secrets
Période de peu de disponibilité, je ne viens pas assez souvent alimenter ce blog, je m'en rends bien compte. Merci à la fidélité de ceux qui passent malgré tout sur ces pages et qu'ils m'excusent, j'epère que cela prendra bientôt fin.

J’ai en tête des tableaux que je ne peindrai pas
Pays de rêves, de cauchemars
Objets de folie en tout cas
Je vois et je peins le silence
le blanc
l'immobile
ce qu'on ne verra pas de moi
Visions à dire
l’art manque et j’envie tant
le talent des couleurs
l’adresse aux mines et aux fusains...
En tableaux secrets
je cultive des démons
Que sont ces fresques de l'esprit
recluses entre nuit et lumière ?
LZ
09:31 Publié dans Poésie au fil des jours | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : poésie
samedi, 10 mai 2008
Quand j'écris

Donner une forme à une chose sans visage
sans ombre
qui vit en et hors de moi
Elle devient droite
toute d'ordre vêtue et pure
fil de katana
dangereuse
Je sais quelque chose que je ne sais pas
d'habitude
Si écrire m'absorbe
il faudrait longtemps pour
un jour
nommer cela
Maintenant, ce ne sont qu'instants
ils traversent l'âme
traits de paix tourmentée
Qui peut y croire ?
Quand j'écris
quelque chose est moins lourd
moins vide
Temps plus léger
pensée plus vive
Ce qui n'a ni visage ni ombre s'avance
et même les mensonges
les faiblesses
ont une beauté
qui n'apparaît jamais autrement
Quand j'écris
je vois
Quand je regarde
j'écris
LZ
Hiroshige (1797-1858), estampe de la collection de Claude Monet.
18:49 Publié dans Poésie au fil des jours | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poésie
jeudi, 08 mai 2008
Hella S. Haasse : Les initiés
Traduction du néerlandais par Annie Kroon (première publication en néerlandais :1958)
Hella S. Haasse est une auteur néerlandaise née en 1918. Elle n'a commencé à être publiée qu'après la seconde guerre mondiale et je ne la découvre qu'aujourd'hui, à travers un extraordinaire roman situé en Grèce puis en Crète, "les initiés". Bénies soient mes carences en littérature !
Six personnages vont se rencontrer et prendre tour à tour la parole, faisant avancer un récit en six parties, chacune d'un point de vue différent. Qui sont-ils ? Il y a Jessica, la jeune américaine ne supportant plus la médiocrité de sa famille ; Niko, un jeune crétois contraint de rentrer chez lui pour une histoire d'honneur familial ; Lucas Gosschalk , professeur de son état mais ici, surtout homme perdu devant les mensonges dont est tissée sa vie ; Marten Siebeling, adolescent contraint à ce voyage, épris de vérité ; Elina, la peintre qui a fui sa vie et son art, et enfin Helmut Sturm, soldat allemand démobilisé en Grèce et rendu fou autant par la défaite allemande que par le nazisme qui a fait de lui sa proie.
Le détail des personnages me semble important, plus que l'histoire en tout cas, laquelle est complexe, une toile où s'emmêle la psychologie de chacun. Le hasard, à moins qu'on puisse y voir une sorte de destin, rassemble les protagonistes sur une terre aride, sauvage et "première" où ils vont tous être confrontés à leur vérité. Devant l'imprévu, devant les circonstances "extrêmes", pour employer un mot à la mode, tant émotionnellement que physiquement, leurs masques volent en éclat et tout le talent de Hasse consiste à rendre cela passionnant, à susciter par un jeux de liens subtils des échos non seulement d'un personnage à l'autre mais aussi du livre à soi-même. Plongé dans un même bain intense, le lecteur (moi, lectrice, en tout cas) va au devant d'une initiation à la vérité, à la manière des mystères d'Eleusis.
Les figures des deux déesses telluriques Déméter et Perséphone sont omniprésentes dans le roman. Vérité est affaire d'initiation, de don aussi. Je crois que Haasse considère deux possibilités pour accéder à quelque chose d'authentique en soi. Ce peut être l'affaire d'un don, comme pour Marten, Niko ou Elina. Spontanément, ces personnages-là sentent ce qui est au-delà des apparences. Leur "initiation" consiste donc à supprimer, avec ou sans violence, tout ce que peut faire écran. Pour d'autres en revanche, rien n'est donné, rien n'est facile. L'âme, ou quoi que ce soit, est enfoui sous la médiocrité et pour ceux-là, la conscience de leur impuissance face à cette incapacité à voir les choses est une souffrance sans limite. Elle conduit au pire à l'enfermement (et dans enfermement, il y a "Enfer"), à la destruction.
Ne sont donc pas "initiés" les six personnages. Chacun doit accomplir son propre parcours, chacun a également une chance. Ces rencontres et cette terre sont les circonstances, créent la chance. Le livre est donc le récit de ce que chacun fait pour saisir ou non cette chance, pour la fuir ou la transmuer. Cela devient un roman métaphysique où, en suivant des gens qui ne sont pas des héros à proprement parler, j'ai entendu la polyphonie de doutes et de questions qui jamais ne renoncent. C'est un livre magnifique, au style ample, au projet vaste aussi, il ne laisse pas indemne.
Il n'est pas impossible que dans quelques temps je vous reparle ici de cette auteur. J'aime lire plusieurs livres d'un même écrivain de manière rapprochée. On sent les choses plus finement, on entre dans son monde, chaque livre éclaire le précédent sous un jour nouveau et vice versa. Oui, il n'est pas impossible que j'en reparle…
En attendant, n'hésitez pas.
LZ
*Photo de Hella S. Haasse empruntée à Ouikipédia
12:42 Publié dans Au fil des lectures | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : hella s. haasse
jeudi, 01 mai 2008
Parfois la mort...

Parfois la mort nous rattrape de bonne heure
esquisse de vie
toujours l'incertain veille
et hop !
fini
Parfois la mort est une maîtresse languide
étalée
pieuvre capiteuse sur les corps qui chavirent lentement
s'ensablent
et fin
Parfois la mort…
mais toujours elle vient
et chaque mot que nous lui servons
est apéritif en disgrâce
LZ
* Le muguet indique la fin de tout chagrin et le retour de la sérénité. Le rossignol attendrait le premier muguet avant de vivre ses amours. Le muguet est gage de bonheur. Offert le 1er mai, il porte chance. On peut l'offir à tout le monde.
21:34 Publié dans Poésie au fil des jours | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note



