jeudi, 24 juillet 2008

Deux choses

Le blog est un laboratoire. En quelque sorte. J'y dépose ce qui s'écrit au fil du temps puis j'oublie les mots.

Sur le blog s'ébauche un recueil. J'aurais aussi bien pu l'appeler "Laboratoire" plutôt que "Coeur de mots", ce qui, avec le recul, fait un peu mièvre, je trouve. Quand sait-on à coup sûr qu'un certain nombre de poèmes constitue un ensemble déterminé, fini ? Surtout, pourquoi le sait-on avec une certitude si forte que s'interroger sur le pourquoi fait presque mal, tant l'évidence est antinomique avec l'explication.

Il y en a pourtant une. Elle est liée à ce qu'on est, ce qu'on vit, la manière dont on change ou ressent les choses. Il y a soudain un grand blanc, un temps ou les mots semblent vidés de leur contenu, où le monde s'éloigne. La perception des choses devient plate et terne, j'ai mal. Je suis à plat, en somme.

Il faut du temps pour que revienne la densité des choses et quand elle est là à nouveau, alors je réalise qu'une page est tournée, que ce qui vient sous ma plume a changé, à mes yeux du moins, que l'écriture elle même commence à emprunter d'autres voies, me laisse différente

guerriers tassili.jpg

Temps d'insignifiance
Au ceur du bruit
ces noyaux de silence
pépites dures
que les mots ne digèrent pas

Temps échu
Temps d'après
Blanc ténu de l'hiver

Le silence du fol instant
et moi - muette -
sur le fil du verbe naissant

LZ

Commentaires

Il faut peut-être se laisser aller au ressenti, pour mieux dépasser la difficulté des choses. Il y a des marches hautes dans l'escalier, qu'on imagine pas pouvoir gravir, mais qui s'aplanissent cependant, à un moment ou à un autre. Enfin, c'est ce que je crois...
C'est une belle "différence" exprimée ici.
Kiki :-)

Ecrit par : Posuto | vendredi, 25 juillet 2008

De toute manière, aller contre le courant est impossible, alors...
Gide disait, paraît-il, "il est important de suivre sa pente mais en la remontant".
J'aime bien cette citation.

Ecrit par : leila | vendredi, 25 juillet 2008

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