mardi, 28 avril 2009

Je me sens l'âme d'un traître...

barker3.jpg

Je me sens l'âme d'un traître
mais qui ai-je trompé si ce n'est moi-même ?

Ce corps pesant sur le squelette est mien
pourtant je peine à le voir
à le connaître!

Dans l'aube qui dessine lentement les contours de la chambre
dansent les promesses oubliées
particules graciles

Qui ai-je trahi si ce n'est moi ?
Sous mes yeux, comme chaque jour
apparaît la voie des multiples
Aujourd'hui sera-t-il vérité ou mensonge ?

LZ

Tableau de Clive Barker, réalisé pour illustrer son roman "Abarat"

vendredi, 24 avril 2009

Foisonnement printanier...

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Foisonnement printanier une fois encore
et vert
et fleuri

Soifs pleines d'odeurs encore
Amours décomposées à repriser
Fil à fil renouer les débris

Rétiaire du coeur, le printemps
et tout au bout
la nuit
cortège de silence

LZ

mardi, 21 avril 2009

Les peurs disloquent ...

Photo0140.jpgLes peurs disloquent et le passé et le futur
Je regarde

Sur le corps tant aimé de l'enfance
se dessine le tatouage de blessures en devenir

Rêves et pièges
Partout - l'incertain

Dans la vérité présente
Le nu parle le langage de l'incertitude
aux accents durs de frayeurs incontrôlées

LZ

*Photo coll° privée.

dimanche, 19 avril 2009

Des princesses en manteaux de sang...

eurodisney.jpg

Des princesses en manteaux de sang descendent les allées. Aux branches des marronniers pendent des fruits saumâtres, piteuses laitances que déchirent d'insatiables frelons.

Sur les terrasses des palais en sucre où dansent leurs promis, des licteurs aux yeux gris tisonnent de grands chaudrons de mort.

Debout, loin au dessus des mascarades, un rossignol en plumes de bure plaide devant les puissants la cause des damnés du néant.

Le fracas des grandes défaites avale la clameur des enfers sans rédemption et nul ne verse de larme.

Sur un fil passe une ombre,
il y avait une histoire

et maintenant
rien.

LZ

Photo : Le chateau de la belle au bois dormant, quelque part vers Marne-la-vallée...

lundi, 13 avril 2009

Welcome

de Philippe Lioret, avec Vincent Lindon et Firat Ayverdi

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Le film a fait polémique grâce au ministre "d'ouverture" Besson (qui ouvre sur quoi au juste?), il n'en demeure pas moins que c'est un grand et beau film. L'histoire, en deux mots, est celle d'une jeune immigré clandestin débarquant à Calais. Il veut aller en Grande Bretagne rejoindre sa belle, inconscient que cette dernière frontière sur sa route est bien plus hermétique que les précédentes. Il est donc dans une impasse. Pourtant obstiné, après un premier échec de traversée clandestine, il décide de traverser le Channel à la nage. C'est là qu'il rencontre un maitre nageur désemparé dans sa vie privée.

C'est aussi là que tout commence puisque l'un des sujets du film est incontestablement de montrer l'absurdité de notre beau système de contrôle des frontières. Aider les clandestins est passible de peines de prisons, d'amendes, de tracas en tous genres. L'étranger, aux portes de notre pays, redevient cet être suspect dont il faut se garder, à peine humain, et dont on préfère se tenir à l'écart, indifférent à sa souffrance, indifférent à sa proximité avec nous.

Si le film démontre parfaitement la bêtise de cette machinerie inhumaine et la nécessité de désobéir à toutes ces règles sécuritaires pour préserver notre dignité, il va plus loin, à mes yeux, en montrant combien l'erreur réside dans le fait de s'enfermer "chez soi". Le problème de la clandestinité est lié à l'interdiction de séjour ou de passage. Les rassemblements d'immigrés comme ceux de feu Sangatte ne sont rien d'autre que notre création. Ce ne sont pas les immigrés qui créent le problème de l'immigration mais bien nous qui le fabriquons à force de diaboliser ces étrangers.

welcome2.jpgIls viennent chercher du travail là où ils croient en trouver, ils viennent là où se trouve l'argent, l'industrie. Et alors? Est-ce mal ? Nous allons, nous, là où il y a des matières premières et, de plus en plus, là où il y a de la main d'œuvre facile et bon marché. Qui nous chasse? Qui ferme ses frontières? On ne peut pas bénéficier d'avantages sur un plan et refuser d'en assumer la contrepartie sur un autre plan. Et je ne crois pas que quelques milliers d'immigrés en plus ou en moins changent grand chose à l'état de l'économie française. Je ne crois pas que jeter des gens dans des charters ou les contraindre à vivre comme des clochards améliore nos performances économiques. Je ne crois pas une seconde que toute cette paranoïa nous fasse un bien quelconque.

Bien sûr les politiques parlent de terrorisme, de menace pour la sécurité nationale… mais les terroristes n'ont pas vraiment de difficultés à passer nos frontières. Ils ont des beaux faux papiers et des costumes qui sentent le propre. C'est encore plus facile même pour les délinquants en col blanc qui détournent des sommes colossales dans les merveilleux paradis fiscaux de Guernesey ou du Luxembourg. Ils ne s'enferment pas dans des camions avec un sac plastique sur la tête. Non. Nos policiers pourchassent de pauvres hères en nous faisant croire qu'ainsi, ils assurent notre Sécurité. La chasse à l'immigré sert les politiques. Le policier qui surveille Vincent Lindon n'est d'ailleurs pas dupe, me semble-t-il, des ordres qu'il reçoit. LindonVincent1.jpgIl ne les conteste pas, mais il dit clairement recevoir une telle pression de la part de sa hiérarchie que l'humain passe après. Il n'est pourtant pas inhumain. Je ne le crois pas.

Welcome est donc un film humain et sombre, qui met le doigt sur un problème jamais résolu. Philippe Lioret, avec une histoire assez simple au fond, démonte cet étrange mécanisme qui, de tout temps et en tout lieu, désigne l'étranger pauvre à la vindicte populaire mais il montre aussi que ce n'est pas une fatalité, qu'on peut résister à cette tentation si facile de l'exclusion. On peut dire non de manière plus ou moins active j'imagine, mais toujours en refusant de tomber dans le piège du racisme et de la paranoïa sur lesquels s'appuient les dirigeants qui cautionnent et renforcent l'inhumain en nous.

LZ

dimanche, 12 avril 2009

hum.. voilà longtemps...

... que je n'ai pas écrit ici.

teich1.JPG

Je reviens doucement, à un rythme moins frénétique qu'au début, pour déposer quelques mots et images.

Commençons donc par les images. Je vous invite à consulter les quelques photos du dernier "Album" La Leyre (ci contre à droite). Ce ne sont pas des photos d'artistes (je ne dirai pas quel appareil a servi...) mais elles montrent ce que croisent mes yeux quand je me promène.

Comme pour les autres albums, le mode diaporama vous permet de voir les photos défiler sans intervenir mais vous perdez les commentaires. Selon votre envie, choisissez donc le mode manuel (si vous voulez le texte) ou diaporama (si vous ne le voulez pas).

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