jeudi, 24 juillet 2008

Deux choses

Le blog est un laboratoire. En quelque sorte. J'y dépose ce qui s'écrit au fil du temps puis j'oublie les mots.

Sur le blog s'ébauche un recueil. J'aurais aussi bien pu l'appeler "Laboratoire" plutôt que "Coeur de mots", ce qui, avec le recul, fait un peu mièvre, je trouve. Quand sait-on à coup sûr qu'un certain nombre de poèmes constitue un ensemble déterminé, fini ? Surtout, pourquoi le sait-on avec une certitude si forte que s'interroger sur le pourquoi fait presque mal, tant l'évidence est antinomique avec l'explication.

Il y en a pourtant une. Elle est liée à ce qu'on est, ce qu'on vit, la manière dont on change ou ressent les choses. Il y a soudain un grand blanc, un temps ou les mots semblent vidés de leur contenu, où le monde s'éloigne. La perception des choses devient plate et terne, j'ai mal. Je suis à plat, en somme.

Il faut du temps pour que revienne la densité des choses et quand elle est là à nouveau, alors je réalise qu'une page est tournée, que ce qui vient sous ma plume a changé, à mes yeux du moins, que l'écriture elle même commence à emprunter d'autres voies, me laisse différente

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Temps d'insignifiance
Au ceur du bruit
ces noyaux de silence
pépites dures
que les mots ne digèrent pas

Temps échu
Temps d'après
Blanc ténu de l'hiver

Le silence du fol instant
et moi - muette -
sur le fil du verbe naissant

LZ

mercredi, 28 mai 2008

Matin en ce monde

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Incertitude
vis d'Archimède en colonne vertébrale
L'œil vacille sur l'absurde 

Aube de vie
Tant de voies
et si peu 

Choisir :
Première mort

L'irrémédiable ôte son masque
met ses colifichets de terreur
pour entamer la danse des faux pas
et tranche 

Matin en ce monde
Brume et soleil jouent aux baisers et aux larmes
L'incertain vêt nos corps
de sa parure de temps 

Les heures
mes cavalières
ont noué à nos mains leurs doigts de squelette

LZ

Alberto Giacometti : l'homme qui marche sous la pluie 

samedi, 24 mai 2008

Tableaux secrets

Période de peu de disponibilité, je ne viens pas assez souvent alimenter ce blog, je m'en rends bien compte. Merci à la fidélité de ceux qui passent malgré tout sur ces pages et qu'ils m'excusent, j'epère que cela prendra bientôt fin. 

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J’ai en tête des tableaux que je ne peindrai pas
Pays de rêves, de cauchemars
Objets de folie en tout cas

Je vois et je peins le silence
le blanc
l'immobile
ce qu'on ne verra pas de moi

Visions à dire
l’art manque et j’envie tant
le talent des couleurs
l’adresse aux mines et aux fusains...

En tableaux secrets
je cultive des démons
Que sont ces fresques de l'esprit
recluses entre nuit et lumière ?

LZ 

samedi, 10 mai 2008

Quand j'écris

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Donner une forme à une chose sans visage
sans ombre
qui vit en et hors de moi

Elle devient droite
toute d'ordre vêtue et pure
fil de katana
dangereuse 

Je sais quelque chose que je ne sais pas
d'habitude
Si écrire m'absorbe
il faudrait longtemps pour
un jour
nommer cela

Maintenant, ce ne sont qu'instants
ils traversent l'âme
traits de paix tourmentée

Qui peut y croire ?

Quand j'écris
quelque chose est moins lourd
moins vide
Temps plus léger
pensée plus vive  

Ce qui n'a ni visage ni ombre s'avance
et même les mensonges
les faiblesses
ont une beauté
qui n'apparaît jamais autrement

Quand j'écris
je vois
Quand je regarde
j'écris

LZ

Hiroshige (1797-1858), estampe de la collection de Claude Monet. 

jeudi, 01 mai 2008

Parfois la mort...

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Parfois la mort nous rattrape de bonne heure
esquisse de vie
toujours l'incertain veille
et hop !
fini

Parfois la mort est une maîtresse languide
étalée
pieuvre capiteuse sur les corps qui chavirent lentement
s'ensablent
et fin

Parfois la mort…
mais toujours elle vient
et chaque mot que nous lui servons
est apéritif en disgrâce

LZ

Le muguet indique la fin de tout chagrin et le retour de la sérénité. Le rossignol attendrait le premier muguet avant de vivre ses amours. Le muguet est gage de bonheur. Offert le 1er mai, il porte chance. On peut l'offir à tout le monde.

mardi, 29 avril 2008

Finir le temps

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Finir le temps
attentes mises au rebut
échecs voilés de papier bulle 

Finir puis s’étendre
sous le vent
son ciel vagabond
souffle aux effluves d’ailleurs 

Poser ici
sur le friable de l’instant
toutes les pensées en bataille
parties livrer combat
et que je ne saurais partager

LZ 

samedi, 26 avril 2008

Romance

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Est-ce le moment ?
sommes-nous à cet instant où deux routes se croisent ?
Cet instant où tes pas vont où je vais ?
Où le temps lui-même conspire
à rapprocher les lointains ? 

Ta silhouette s’installe autour de mon âme
ou ce qui y ressemble
et l’indifférence cède lentement 

J’ai vu croître l’envie de cueillir
Attendre devient étroit
un enclos de "peut-être"

Nous voici donc à l’heure du choix

Mensonge ?
Sans croire aux promesses
vienne cette envie
Marchons vers les douloureux rivages la soif 
puisque nous sommes cela :
si peu libres que le désir nous écrase

Ombres mêlées, je lis tes yeux
le rire
la peur 

Faisons cela
Car plus loin veillent d’autres embuscades
pour nos cœurs si fragiles

LZ 

Photo de Robert Doisneau : la dernière valse du bal du 14 juillet 

samedi, 19 avril 2008

L'insomnie est ce qui reste

19875181.jpgL’insomnie est ce qui reste
socle dur ou s’érode l’âme

Nuit !
Fissure où file l’eau porcelaine
y plonge la brûlure des cauchemars

Ailleurs fleurissent les îles du sommeil
Cabotage aux frontières corail
Entre mort et lumière

Je songe à des sambouks
dont les voiles s’emplissent du chant des vents
fleurs d’eau sur la peau fragile des mers
mais ici
ne flottent que des poussières de guerre
tout contre le giron de l’effroi

LZ

Peinture de Clive Barker, peintre-auteur-réalisateur- producteur-de-films-et-de-jeux-vidéos d'origine anglaise et vivant aujourd'hui à Los angeles dont je reparlerai ici bientôt, il me faut d'abord finir son livre"Galilée" ...

dimanche, 13 avril 2008

Si j'étais de ce monde...

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Si j'étais de ce monde
je saurais les souffles espiègles
je croirais à la lente charge du doute
toute saveur mêlée me parlerait d'ici 

Si j'étais née de cette seule poussière
si j'avais été dans ces eaux
nourrie de ce sel
mes yeux épouseraient les horizons
et mon sourire aurait le bleu des océans 

Si j'étais ce à quoi je ressemble276308282.jpg
je n'aurais pas ces courbatures d'exil
ces lassitudes  

Mes pieds iraient vers la mort
et j'éprouverais la soif des extrêmes

Si j'étais de ce monde
il me faudrait un nom
une vérité
je n'ai trouvé ni l'un ni l'autre

Il n'y a que ces corps effrités que nul ne nomme
grevés d'oublis
ces voix sans terre ni bannière

LZ

*Derain : vue du port
Claudine Lahlou : le souk (visitez son site, ça vaut le détour)

vendredi, 11 avril 2008

Les enfants perdus...

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Les enfants perdus
mi –éléphants mi- hérissons
maraudent dans les contes

Failles dans l’être
ils ont fui de longue date
soupirs et larmes des mères

Arpenteurs en terres blessées
héros en d’autres îles
leurs arcs tirent d’infaillibles larmes
et leurs vies sèment des guerres de chaque instant
dans le sommeil des mères interrompues

LZ 

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